L'orgasme ne signifie pas éjaculation

 

La plupart des gens s’imaginent que, si l’éjaculation du sperme (chez l’homme) ou la décharge explosive (chez la femme), sont arrêtés, alors le bref plaisir éphémère associé à ces états durant quelques secondes sera lui aussi supprimé. Cette erreur profonde provient de la fausse conception que l’éjaculation et la décharge énergétique sont synonymes d’orgasme à travers lequel ce plaisir est manifesté, tel que leur suppression conduirait automatiquement à la suppression de l’orgasme. Rien de plus faux ! Il n’est pas possible d’affirmer que l’orgasme et l’éjaculation ou la décharge explosive du potentiel sexuel sont la même chose, parce qu’il a été démontré de façon scientifique que les deux phénomènes ne sont pas interdépendants et ne se produisent pas nécessairement en même temps.

 

Les recherches effectuées dans le domaine de la sexologie ont démontré que, lorsque l’orgasme est ressenti et traité comme un état modifié, supérieur de conscience, dans le corps entier son engrenés plusieurs niveaux énergétiques, et la capacité de conscientisation augmente. Si la motivation d’avoir un état d’orgasme est seulement celle d’éloigner une tension, alors on se dirige presque irrévocablement vers une perte d’énergie (par éjaculation chez l’homme ou décharge explosive chez la femme). D’autre part, si l’attention est focalisée pour diriger la vague crée par l’extase de l’orgasme vers un niveau plus haut de conscientisation, alors l’être sera envahi par un sentiment ineffable de bien-être, de paix, de joie et de silence qui englobe tout. L’abord systématique des différentes postures sexuelles et des techniques de pénétration conduit en même temps à la conscientisation de plus en plus ample et efficace de la circulation énergétique complexe dans le corps, stimulée spécialement par le jeu amoureux.

 

La capacité de pouvoir transmuter et sublimer intégralement le potentiel sexuel, acquise par un entraînement systématique yogi, s’est trouvé être une source sûre de bonheur et de jeunesse. La plupart des cas d’insatisfaction et de frigidité féminine résultent des rapports sexuels brutaux ou trop rapides (compte tenu que normalement l’homme arrive à l’éjaculation plus vite que la femme à l’orgasme). Ce fait empêche la femme d’atteindre un état érotique plénier, bloquant chez elle, et de façon pénible, l’orgasme.

 

Il est connu que le sperme contient des nutriments de valeur et des éléments essentiels au soutien physique et psychique, tel qu’il devient très important qu’il soit transmuté dans des formes d’énergie subtile, qu’il soit sublimé aux divers étages de l’être (cerveau, cœur, abdomen etc.), en fortifiant les fonctions des organes en question, pour équilibrer les émissions hormonales des glandes endocrines et pour stimuler davantage les capacités psychiques de l’individu.

 

Lorsque le mental est entraîné pour canaliser l’énergie de l’orgasme tout au long de la colonne vertébrale, en parcourant les centres de force (chakra), a lieu simultanément un recharge bioénergétique, subtile, de plus en plus grande de l’être (perçue au niveau aurique), ce qui confère dans le temps une purification nette et une radiation charismatique, brillante.

 

Ne pas confondre l’orgasme avec le plaisir ou avec la satisfaction sexuelle

 

Toute brûlure détermine une destruction des tissus organiques. Mais le jeu avec le feu est l’un des plus attractifs, surtout lorsqu’il s’agit du feu particulier du désir sexuel. Pour cette raison, un orgasme brutal et rapide accompagné par l’éjaculation donne (communément) l’impression qu’il est d’autant plus puissant et plus surprenant qu’il laisse derrière lui un vide difficile à combler. C’est la raison pour laquelle il existe tant d’hommes très virils qui ressentent une fascination terrible envers l’acte de l’éjaculation. En cherchant à tout prix inconsciemment l’orgasme avec l’éjaculation, ils commencent à croire de façon erronée qu’ils ne peuvent pas vivre d’orgasme sans éjaculer.

 

Mais l’orgasme n’appartient ni au plaisir, ni à la satisfaction ; le plaisir étant ressenti pendant les moments qui précèdent l’orgasme et la satisfaction ensuite (dans les cas merveilleux d’une sexualité commune et relativement « équilibrée »). Si le plaisir est un désir qui voudrait être continué, prolongé dans une croissance continue par lui-même, et la satisfaction – une sorte de soulagement, une “libération” relative et momentanée, alors à quoi l’orgasme, cette phase intermédiaire, correspond-il?

Nous précisons que l’orgasme, non encore éprouvé et non encore connu dans ses profondeurs, est, d’habitude, confondu avec le plaisir et avec la satisfaction, qui sont également indifférenciés dans leur ensemble. Ainsi, ce triple phénomène, si désiré, apparaît, à un premier abord, comme une seule et même manifestation du bonheur. Dans la sexualité commune, ces trois étapes distinctes ne sont pas observées, car le passage de l’une à l’autre ne représente pas un état conscient, mais l’expérience du désir “imposé” et “supporté” par le corps.

 

Dans l’abord alchimique de l’orgasme, règne un mystère : celui de la transmutation de la pulsion organique. Cet œuvre alchimique de transmutation n’est pas le fruit d’un désir, d’une intention quelconque, d’un serment ou de l’effort d’une fonction psychologique sur une fonction organique. La description de son apparition même au centre de l’attention méditative – le seul facteur d’une authentique transmutation – implique l’utilisation d’une nouvelle formule non-duale et trans-personnelle de la sexualité, fruit de la tendance et/ou de la recherche de l’être vers l’unification et le rappel de soi.

 

La pure sensation corporelle absorbe la virulence primitive,

si attendue et paradoxalement retardée, de l’orgasme.

Les variations du plaisir s’harmonisent avec le souffle intérieur

de la respiration profonde. Ces deux courants se nourrissent et

se complètement réciproquement jusqu’à l’apparition, dans la

densité de la sensation érotique, de la lumière d’une perception

brillante et extrêmement subtile. L’orgasme, en tant que

manifestation brutale et ardente, a été métamorphosé de façon

mystérieuse dans un état sublime qui, bien qu’il soit perçu au

centre de la manifestation, apporte avec lui le souvenir puissant

de la non-manifestation. Et, dans ce substrat supra-conscient de

son être, l’homme transforme spontanément le désir „physiologique” de l’éjaculation dans un bain vibratoire subtil et conscient, qui dépasse les frontières limitées de la conscience ordinaire. Les trois phases de l’acte sexuel n’ont plus le même rapport temporel ; plaisir, orgasme et satisfaction font place à une réalisation orgastique exceptionnelle perçue comme un état profond d’extase authentique. C’est le processus alchimique de la fusion sexuelle-amoureuse dont le résultat d’exception est la plénitude et la béatitude d’une pure existence.

 

Prenant naissance dans l’expérience de l’Existence ou de la fusion avec l’expérience de « Je suis », cette expérience unique se révèle à être le fruit de l’accomplissement et en même temps la transcendance de tout désir sexuel. L’orgasme ne signifie plus décharge, épuisement, mais devient cette plénitude où l’être retrouve son origine divine et indifférenciée.

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